13 décembre 2008

BCE (TSX: BCE)

Maintenant que le deal avec Teacher's est à l'eau, je ne peux plus analyser ce titre comme une acquisition, mais il me faut retourner aux fondamentaux financiers de la compagnie. Une vérification du cours de BCE par rapport au marché démontre qu'il a procuré le même rendement que le marché du 1 mars 2007 (avant le bid de Teachers) à aujourd'hui.

Plusieurs éléments doivent entrer en ligne de compte pour évaluer BCE de façon logique et ordonnée. Commençons d'abord par sa position dans le marché et les conditions économiques. Bell a grandement souffert de son incompétence, de son ignorance du respect et de sa profonde arrogance envers ses clients. Tous connaissent une histoire d'horreur avec le service à la clientèle de Bell ou une histoire de problème de facturation que Bell refusait d'écouter. Trop longtemps assise sur son monopole, cette compagnie avait transformé le service à la clientèle en sévice à la clientèle. Ces dernières années, les clients ont fuis par milliers pour se réfugier chez Telus, Vidéotron ou Rogers. Or, la nouvelle direction m'inspire confiance. Les brandings ont été revus (Sympatico devient Bell Internet et ExpressVu devient Bell Télévision) afin de réellement en dégager des synergies et le service à la clientèle se refait un beauté. Côté économie, il est certain que BCE sera affecté, tout comme ces compétiteurs. Bell sera probablement moins touché que les autres (le service de ligne fixe est important et peu affecté par l'économie), mais la direction devrait quand même rester prudente dans sa gestion des cash flows.

Côté résultats, c'est assez ordinaire. Les revenus sont en légère baisse (signe de la fuite des clients) alors que les coûts sont en hausse. Reste tout de même qu'avec des bénéfices d'exploitation de 650M$ par trimestre, la compagnie est en bonne situation. Fait à remarquer, il y a des frais de restructuration de 320M$ qui coupe le bénéfice. C'est frais sont principalement des 4%, ce qui ne m'inquiète pas. En fait, j'aime bien ses résultats. BCE obtient de bons bénéfices qui sont comparables à ceux de Telus et Rogers si on retire de chacune de ces entreprises les éléments non-récurrents. Je sais, cela ne veut plus dire grand chose ... mais l'élément clé ici est que le "core-business" n'est pas mal en point côté rentabilité.

Côté bilan, rien d'alarmant. Bien des analystes et commentateurs financiers parlent de la dette collosale de BCE, mais je dois avouer que je ne la vois pas en regardant les chiffres de BCE. Je comprennais la crainte de certains face à ce que Teachers voulait faire, mais la dette actuelle est somme toute assez petite. Surpris que les analystes parlent encore du fardeau obligataire de BCE alors que DBRS prévoit augmenter sa cote de crédit de 2 à 3 paliers, j'ai étudier plus en profondeur cette question. En considérant la dette comme étant le passif total de la compagnie auquel on retire le passif à court terme (Dette = Passif - Passif CT), j'obtiens les ratios Dette/Actifs, Dette/FondsPropres et Dette/MarketCap suivant :
  • BCE : 0.3886 , 0.7940 et 0.8433
  • Telus : 0.4636 , 1.2414 et 0.7832
  • Rogers : 0.5417 , 1.7309 et 0.4395
Mon ratio préféré parmi les trois est Dette/Actif. Utiliser les fonds propres comptables a peu d'intérêt et je n'aime pas l'idée de voir ton ratio d'endettement subir les soubresauts de la bourse. En utilisant le ratio D/A, on voit rapidement que BCE a un niveau d'endettement de loin inférieur à ses concurrents. Avec des flux d'exploitation couvrant 10 fois sa charge d'intérêt, BCE est loin d'être dans le besoin. Des collègues bloggeurs sur LesAffaires.com aiment bien dire que BCE n'est aussi bien positionnée qu'elle en a l'air, mais elle me paraît plutôt bien placé par rapport à ses concurrents (au niveau financier).

BCE a annoncé récemment son intention de restaurer le dividende et de procéder à un rachat d'actions de 5%. Rien d'extraordinaire ici. Reitman's procède au même type de rachat cette année. Pourquoi 5% ? C'est la limite maximale de rachat d'actions autorisée par la TSX pour le faire via un Normal Course Issuer Bid. Pourquoi ramener le dividende à son niveau précédant et ne pas l'augmenter ? Pour assurer ses arrières dans la situation économique actuelle. BCE serait en mesure de verser 2G$ immédiatement à ses actionnaires. Cela représente le NCIB de 5% plus un dividende spécial d'un peu plus de 1$. Mais je suis en accord avec la direction de ne pas faire plus. L'an prochain, si la situation économique est plus optimiste, BCE peut toujours augmenter son dividende, en verser un spécial ou continuer son NCIB.

Actuellement, BCE se négocie à 5 fois ses bénéfices avec un dividende de 6.84%. Rogers est à 15 fois et Telus à 10 fois les bénéfices.

03 décembre 2008

Reitman's (TSX: RET.A)

Voilà un titre que je surveillais en début d'année est que j'ai lâché. Or, je viens tout juste de voir son prix sur GoogleFinance : 9.07$ !!! Alors je me suis dit que je devrais analyser le titre pour voir si à ce pirx, il représente un élément intéressant à ajouter dans son portefeuille.

D'abord, regardons la relation de Reitman's avec l'économie. Il est certain que le creux économique affecte RET. Il ne serait pas surprenant de voir ses ventes diminuer de 5-10%. Rappelons nous toutefois que Reitman's vend du linge pour femme de tout les jours. Il est important de mentionner qu'il ne s'agit pas de haute couture. La compagnie sera affecté de façon comparable à Sears et compagnie. En lisant un peu sur la compagnie, il existe une chose qui peut lui faire encore plus mal : le dollar canadien. La compagnie achète plus de 80% de sa marchandise aux États-Unis alors que ses ventes sont principalement en CDN$. Un affaiblissement de notre devise (comme en ce moment) peut donc lui faire bien mal.

En gardant ces faits en tête je me tourne maintenant vers les chiffres. D'abord, au bilan, on remarque tout de suite la valeur de la dette : 14M$ par rapport à des actifs totaux de 631M$. La dette est donc très basse (+++) et les actifs de la compagnie sont, pour la plupart, des actifs tangibles (+++). Personnellement, je me méfie des compagnies donc la majorité des actifs sont des écarts d'acquisition et autres intangibles. Ces valeurs faussent les ratios de liquidité. L'état des résultats est tout aussi intéressant malgré une baisse des ventes au dernier trimestre. Je reste toutefois sur mes gardes de ce côté parce qu'on indique qu'un changement de norme comptable a fait augmenter de 2,7 M$ le bénéfice. Toufeois, je n'y voit rien d'alarmant. En passant à l'ÉFT (flux de trésorerie), je remarque la positivité des flux générés par l'exploitation (une condition sine qua none à une recommendation d'achat de ma part) et l'énormité de la valeur des trésorerie qui ne m'a portant pas traumatisé au bilan.

Reitman's tient des trésoreries de près de 200M$, cela représente 8 versements de dividendes ou couvre 3 mois de ventes. Ce fait est à la fois troublant, surprenant et intéressant. D'abord, il est rare de voir une entreprise avec autant de liquidités. Ensuite, on comprend mieux l'absence d'endettement. En cherchant à comprendre, j'ai trouvé l'explication suivante :
La société a recours à ses liquidités pour financer la construction et les rénovations continues de magasins de même que ses besoins en fonds de roulement.La société réduit ses risques de crédit en investissant son encaisse disponible dans des billets de dépôt au porteur auprès de banques et dans des dépôts à terme dans les principales banques à charte canadiennes.
Il faut croire que tout n'arrive pas pour rien. J'ai eu une grande surprise sur la page suivant cette citation : Reitman's exploite les bannières REITMAN'S, SMART SET, RW & CO., THYME, CASSIS, PENNINGTON'S et ADDITION ELLE. Avec toute cette information je crois être en mesure de recommander l'achat du titre. Il est vrai que les ventes vont ralentir, que le bénéfice peut souffrir d'une baisse du CDN$ et que plusieurs analyste ont réduit leurs prévisions. Par contre, la compagnie est bien positionnée, a beaucoup de liquidité et peu d'endettement. Aussi, une bonne partie du risque est inclus dans le prix actuel.

RET.A a perdu 40% de sa valeur depuis la mi-octobre contre une perte de 12% pour le TSX. Au cours actuel, le titre se transige à moins de 6 fois les bénéfices et le dividende offre un rendement de près de 8%. Donc conclusion : bon pick à long terme.