Plusieurs éléments doivent entrer en ligne de compte pour évaluer BCE de façon logique et ordonnée. Commençons d'abord par sa position dans le marché et les conditions économiques. Bell a grandement souffert de son incompétence, de son ignorance du respect et de sa profonde arrogance envers ses clients. Tous connaissent une histoire d'horreur avec le service à la clientèle de Bell ou une histoire de problème de facturation que Bell refusait d'écouter. Trop longtemps assise sur son monopole, cette compagnie avait transformé le service à la clientèle en sévice à la clientèle. Ces dernières années, les clients ont fuis par milliers pour se réfugier chez Telus, Vidéotron ou Rogers. Or, la nouvelle direction m'inspire confiance. Les brandings ont été revus (Sympatico devient Bell Internet et ExpressVu devient Bell Télévision) afin de réellement en dégager des synergies et le service à la clientèle se refait un beauté. Côté économie, il est certain que BCE sera affecté, tout comme ces compétiteurs. Bell sera probablement moins touché que les autres (le service de ligne fixe est important et peu affecté par l'économie), mais la direction devrait quand même rester prudente dans sa gestion des cash flows.
Côté résultats, c'est assez ordinaire. Les revenus sont en légère baisse (signe de la fuite des clients) alors que les coûts sont en hausse. Reste tout de même qu'avec des bénéfices d'exploitation de 650M$ par trimestre, la compagnie est en bonne situation. Fait à remarquer, il y a des frais de restructuration de 320M$ qui coupe le bénéfice. C'est frais sont principalement des 4%, ce qui ne m'inquiète pas. En fait, j'aime bien ses résultats. BCE obtient de bons bénéfices qui sont comparables à ceux de Telus et Rogers si on retire de chacune de ces entreprises les éléments non-récurrents. Je sais, cela ne veut plus dire grand chose ... mais l'élément clé ici est que le "core-business" n'est pas mal en point côté rentabilité.
Côté bilan, rien d'alarmant. Bien des analystes et commentateurs financiers parlent de la dette collosale de BCE, mais je dois avouer que je ne la vois pas en regardant les chiffres de BCE. Je comprennais la crainte de certains face à ce que Teachers voulait faire, mais la dette actuelle est somme toute assez petite. Surpris que les analystes parlent encore du fardeau obligataire de BCE alors que DBRS prévoit augmenter sa cote de crédit de 2 à 3 paliers, j'ai étudier plus en profondeur cette question. En considérant la dette comme étant le passif total de la compagnie auquel on retire le passif à court terme (Dette = Passif - Passif CT), j'obtiens les ratios Dette/Actifs, Dette/FondsPropres et Dette/MarketCap suivant :
- BCE : 0.3886 , 0.7940 et 0.8433
- Telus : 0.4636 , 1.2414 et 0.7832
- Rogers : 0.5417 , 1.7309 et 0.4395
BCE a annoncé récemment son intention de restaurer le dividende et de procéder à un rachat d'actions de 5%. Rien d'extraordinaire ici. Reitman's procède au même type de rachat cette année. Pourquoi 5% ? C'est la limite maximale de rachat d'actions autorisée par la TSX pour le faire via un Normal Course Issuer Bid. Pourquoi ramener le dividende à son niveau précédant et ne pas l'augmenter ? Pour assurer ses arrières dans la situation économique actuelle. BCE serait en mesure de verser 2G$ immédiatement à ses actionnaires. Cela représente le NCIB de 5% plus un dividende spécial d'un peu plus de 1$. Mais je suis en accord avec la direction de ne pas faire plus. L'an prochain, si la situation économique est plus optimiste, BCE peut toujours augmenter son dividende, en verser un spécial ou continuer son NCIB.
Actuellement, BCE se négocie à 5 fois ses bénéfices avec un dividende de 6.84%. Rogers est à 15 fois et Telus à 10 fois les bénéfices.